action Pharmacies/PréservatiFéminin


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PLAGE 1 première partie : Valérie Bourdin, directrice de l'Als
présentation de l'association et de l'action "Pharmacies/préservatif féminin"

Générique musique et voix de Sandra : "l'Als, l'association lyonnaise de lutte contre le sida..."

Valérie Bourdin : L'ALS est la première association de lutte contre le sida qui a été créée à Lyon en 1985, par des médecins hospitaliers qui soignaient et suivaient des personnes atteintes par le VIH. Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida en décembre 2003, nous avons mis en place un programme expérimental d'interventions en pharmacie pour la promotion du préservatif féminin. Il faut rappeler ici que malgré ses 15 ans d'existence le préservatif féminin reste peu connu du public en général et des femmes en particulier, tant comme moyen de protection contre les IST que moyen de contraception contre les grossesses non désirées, et qu'il est une alternative intéressante au préservatif masculin. Ce programme repose sur la négociation de partenariats avec des responsables de pharmacies lyonnaises pour accueillir des mini-stands d'information. L'action s'est déroulée la semaine du 24 novembre 2003, avec des interventions de deux à trois heures, en journée et en soirée, par des binômes de femmes de l'association qui ont présenté le préservatif féminin à la clientèle des pharmacies partenaires.
bb : Combien de pharmacies contactées, combien ont répondu, combien ont répondu oui, combien ont répondu non???
V.B. : S'agissant d'un programme expérimental, nous n'avons contacté dans un premier temps qu'une dizaine de pharmacies. Quatre ont d'emblée accepté de répondre positivement à notre démarche, deux ont refusé et les pharmacies restantes ont préféré attendre les résultats de ce premier essai. L'idée de départ de ce projet était que la pharmacie est un lieu propice à la diffusion d'information sur le préservatif féminin, et que si cette première action s'avérait concluante nous mettrions en place un dispositif d'interventions sur 2004.
Plusieurs constats ont motivé la mise en place de ce programme. D'une part, la féminisation de l'épidémie vih. Ces dernières années le nombre de femmes touchées dans le monde par le Vih a été multiplié par dix, et on arrive aujourd'hui à une proportion homme/femme de 1/1, ce qui représente aujourd'hui près de 20 millions de femmes. Sachant que cette féminisation va continuer de s'accroître dans les années à venir le nombre de femmes touchées devrait être plus important que le nombre d'hommes (ce qui est déjà le cas dans certains pays d'Afrique sub-saharienne). D'autre part, une autre réalité nous inquiète, que l'on constate sur l'ensemble de nos terrains d'intervention, et qui est la baisse de la vigilance, dans la population en général mais plus particulièrement au niveau des jeunes et des personnes de la tranche d'âge 40-50. Avec en parallèle deux éléments importants qui attirent également notre attention puisqu'en partie ils vont dans le sens de ce relâchement dans les conduites préventives, à savoir une recrudescence des IST, et notamment de la syphilis, et une diminution récente des ventes, au niveau national, de préservatifs masculins.
C'est donc dans ce contexte que nous avons réalisé en 2003 cette première expérience d'interventions dans quatre pharmacies.
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bb : Est-ce qu'il y avait un lien avec la campagne sur le préservatif féminin à 1 €?
V.B. : Non, pas de lien direct car nous n'étions pas au courant de cette campagne lorsque nous avons mis en place ce programme. Mais c'est vraiment bien tombé puisque effectivement nos interventions ont pu profité d'une campagne nationale sur le préservatif féminin à 1 € qui a été lancée en décembre 2003 par le Ministère de la santé en partenariat avec Sida Info Service. Ce qui est très positif c'est que comme suite à nos interventions et aussi grâce à cette campagne nationale, nous avons pu constater une augmentation des ventes du préservatif féminin. Ce qui montre bien la nécessité d'une information grand public sur le préservatif féminin, et que celui-ci "on l'essaierait bien" pour peu qu'il nous soit présenté
C'est une donnée importante qui nous conforte dans l'idée que cet outil mérite une attention particulière au regard des avantages qu'il offre par rapport au préservatif masculin, et notamment une plus grande autonomie pour les femmes vis-à-vis de leur protection
bb : Comment ça c'est passé, vos interventions en pharmacie ?
V.B. : Nos interventions en pharmacie ont reçu un très bon accueil par la clientèle, ça c'est vraiment très bien passé et nous avons même été surprises de l'intérêt que les personnes ont porté à notre démarche. Nous avons effectué huit interventions sur une semaine et avons diffusé près de trois milles préservatifs féminins. Une centaine de personnes ont répondu à un questionnaire que nous avons réalisé pour évaluer le programme et envisager sa pérennisation sur 2004. Quant à savoir si l'Etat va renouveler l'opération du préservatif féminin à 1 €, nous ne savons pas, mais ça nous paraît être une très bonne initiative, même si cela a mis un peu de temps à venir puisque ça fait plus de 6 ans qu'il est commercialisé en France. On peut se satisfaire de cette campagne, c'est déjà un premier pas, et on espère vivement qu'il y en aura d'autres. Et puis ce qu'on espère aussi surtout à moyen terme c'est que tous ces programmes ou campagnes d'information autour de la promotion du préservatif féminin puissent se développer ce qui permettra peut-être d'augmenter la demande et donc de réduire le prix de vente, car actuellement il est vendu entre 1,5 et 3 €s en pharmacie, ce qui est vraiment trop cher par rapport au prix d'un préservatif masculin. Il faut préciser quand même qu'à ce jour il n'existe qu'un seul fabricant de préservatif féminin, qui pratique donc les prix qu'il souhaite. On sait comment fonctionne le commerce: plus il y a de demandes, plus il y a de concurrence et plus les prix baissent. Et donc on arrivera peut-être enfin à avoir un préservatif féminin au même prix qu'un préservatif masculin. En tout cas on le souhaite et c'est aussi dans ce sens-là qu'on aimerait pouvoir avancer avec nos partenaires.
bb : Alors o peut-on se procurer des préservatifs féminins ?
V.B. : En pharmacie, auprès des associations de lutte contre le Sida, au Planning familial, dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG)

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Piste 1 deuxième partie : présentation du préservatif féminin, par Valérie Bourdin

V.B. : Bonjour madame, nous sommes une association de lutte contre le sida, l'ALS, et nous intervenons aujourd'hui dans cette pharmacie pour présenter le préservatif féminin, est-ce que ça vous intéresse que je vous présente cet outil de protection?
bb : Oui oui
VB. : Donc, et bien voici un préservatif féminin. Comme vous pouvez le voir c'est un fourreau qui a deux extrémités, une fermée, une ouverte. A l'intérieur vous avez un petit anneau non blessant, qui sert à la pose du préservatif et à son maintien dans le vagin. Pour sa mise en place, tenir l'anneau soit en forme de cuiller, soit en forme de 8 (huit). Vous introduisez le préservatif dans le vagin, et ensuite, avec les doigts vous allez pousser à l'intérieur sur l'anneau, le plus loin possible, et le préservatif va aller coiffer le col de l'utérus. La petite collerette qui se trouve au niveau de l'extrémité ouverte va rester, elle, à l'extérieur du vagin. Et c'est cette partie du préservatif qui reste à l'extérieur qui va protéger la partie externe du sexe féminin, soit les petites lèvres, les grandes lèvres, la vulve et le clitoris. C'est notamment ce qui fait un de ses avantages, à savoir qu'il permet de se protéger dans le cadre de rapports orogénitaux (bouche/sexe)
bb : Et pour l'enlever ?
V.B. : Alors pour l'enlever, il vous suffit de faire tourner sur lui-même le préservatif au niveau de la petite collerette qui reste à l'extérieur, et puis de le tirer doucement. Un autre de ses avantages c'est que l'on n'est pas obligée de l'enlever tout de suite après le rapport, comme c'est le cas pour un préservatif masculin. Ceci dit il ne faut pas non plus s'endormir avec !
bb : Oui, ça a l'air facile.
V.B. : En fait la première pose peut paraître difficile, mais après avoir essayé deux ou trois fois c'est beaucoup plus facile. Pour les femmes qui utilisent des tampons, je compare souvent avec la première fois où l'on a essayé d'en mettre un. C'est vrai aussi que le préservatif féminin demande à ce que l'on soit à l'aise avec son corps, que l'on ne soit pas gênée par le fait de se toucher le sexe. Pour mettre en place le préservatif féminin on peut s'aider d'un petit miroir et cela peut justement être l'occasion d'apprendre à connaître son corps en tant que femme. Donc je dirais que le préservatif féminin va demander "un petit entraînement" avant de se sentir tout-à-fait à l'aise avec sa pose en utilisant l'anneau qui est à l'intérieur.
Si vous n'êtes pas à l'aise avec cette technique de pose, il existe une autre façcn de l'utiliser: il s'agit d'enlever l'anneau interne et de mettre le préservatif féminin directement sur le phallus, comme avec une capote. Utilisé de cette facon il offre un avantage également au partenaire masculin puisqu'à la différence d'une capote il sera beaucoup plus facile à mettre en place, les précautions d'usage que nécessite la capote n'ayant pas lieu d'être avec le préservatif féminin, et enfin il évite la sensation de pression sur le sexe que peut exercer la capote.
Pour revenir un tout petit peu sur l'anneau interne, il sert essentiellement à la pose et au maintien du préservatif féminin dans le vagin. Alors si cet anneau gêne l'un des deux partenaires, il peut aussi être retiré une fois le préservatif mis en place. Une petite vigilance supplémentaire sera de mise afin de vérifier que le préservatif reste en place pendant le rapport sexuel.

(virgule musicale, fin de plage)

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